Écrit par Talassa
Samedi, 20 Mars 2010 08:40
L'année dernière, plusieurs Vili ont réagi sur divers sujets dans notre journal. Parmi ceux-ci, on peut citer entre autre, le magistrat Collinet Mackosso, conseiller à la présidence de la république, directeur de cabinet de Mme Sassou et directeur exécutif du cabinet Géo-Ecostrapol et le colonel Cosmas Nzaou qui a eu plus d'une fois fustigé Mme Sassou et critiqué sévèrement la manière dont a été faite la désignation du roi Loango.
Depuis quelques temps, le colonel Cosmas Nzaou ne faisait plus signe de vie à la redaction de Talassa où il avait coutume de déposer ses papiers. C'est en se renseignant que l'infatiguable investigateur de Talassa se rendra compte que le colonel Cosmas Nzaou était incarcéré pendant deux mois à la Direction départementale du surveillance du territoire (DDST) de Pointe-Noire avant d'être jeté sans jugement la semaine dernière à la Maison d'arrêt de Pointe-Noire où il passe des durs moments.
M. Cosmas est-il victime de ses écrits révélateurs ou de son positionnement politique ?
Le colonel Cosmas Zaou, très controversé dans ses critiques politiques et culturelles, a témoigné de sa bonne foi d'officier supérieur des Fac pour se prêter aux services de la Direction Départementale de la Sécurité Territoriale (DDST) à Pointe-Noire, courant octobre et novembre 2009, avant le déroulement de la Can 2010 en Angola.
Cosmas Zaou a donné quelques pistes de solutions sur les autorités militaires et politiques de l'Enclave du Cabinda pour toute éventualité.
En décembre 2009, le colonel Cosmas s'est rendu à Brazzaville, pour des raisons sociales, où il est resté jusqu'en janvier 2010. Après l'attaque armée des Flec, il a été piqué à Brazzaville par des officiers supérieurs de la DGST qui l'ont transféré à la DDST de Pointe-Noire sous une fausse identité.
Le transfert à la DDST- Kouilou effectué dans l'anonymat et le colonel Cosmas est resté en détention à la DDST deux mois durant sous interrogatoires intensifs, avant d'être déféré à la Maison d'arrêt de notre capitale économique la semaine dernière.
On reprocherait à ce colonel d'être le commanditaire de l'attentat de l'équipe Togolaise au Cabinda.
Au moment où nous bouclons cette édition, son dossier vient d'être transmis auprès du procureur de la République au tribunal de grande instance de Pointe-Noire pour instructions et délibérations. Selon certains juristes, ce dossier à forte coloration politique, diplomatique et militaire, manque d'éléments d'appréciation et des preuves tangibles de complicité avec les éléments des armés Flec dont les mentors seraient connus des autorités congolaises et angolaises.
L'attaque armée des éléments de la Force de Libération de l'Enclave du Cabinda (FLEC) contre l'équipe nationale togolaise de football en préparation à Pointe-Noire au Congo pour participer à la coupe africaine des Nations de football, édition 2010, organisée en Angola, en janvier dernier, a déferlé la chronique de l'actualité politique sécuritaire et sportive entre le Congo- Brazzaville, l'Angola, le Togo et la Fifa.
A cette période du début de la compétition africaine de football en Angola, des signes d'alerte ont été donnés par les Flec aux différentes autorités des deux pays voisins, aux organisateurs de la Can, notamment à la Caf et à la Fifa sur les velléités politiques et militaires permanentes entre l'Angola et l'enclave du Cabinda en quête permanent d'un statut particulier pour accéder à une souveraineté nationale.
Ainsi, l'incident dramatique survenu au Cabinda contre les Togolais a suscité plusieurs interrogations au seuil des Etats voisins de l'Angola, à savoir les plus immédiats sur le dossier du Cabinda comme la RDC et le Congo où les ressortissants cabindais résident dans les pays limitrophes depuis des décennies, souvent avec une double nationalité et occupant des hautes fonctions politiques, administratives, militaires ou économiques. L'agression cabindaise sur l'équipe nationale togolaise a interpellé dès janvier 2010 la rédaction de Talassa qui a ouvert un dossier de reportage à Pointe-Noire et au Cabinda pour vérifier les informations divergentes ou concordantes diffusées par les média, souvent dans un esprit partisan, proche du pouvoir de Luanda en Angola, de l'opposition angolaise, de la rébellion cabindaise, des sources indépendantes et autres forces politiques alliées des mouvements indépendantistes basés à l'étranger.
Dans ces investigations à Pointe-Noire et au Cabinda, Talassa a collecté plusieurs versions de faits justifiant l'attaque armée des Togolais sur le territoire cabindais placé sous très haute surveillance par l'armée angolaise, en raison de la psychose permanente de guerre entretenue pour maîtriser les forces rebelles en présence.
Ce dispositif militaire impressionnant déployé au Cabinda reflète le système sécuritaire du régime policier de Luanda envers la province du Cabinda et les autres pays voisins immédiats.
Des suspects dans l'attaque des Flec
Au total, une dizaine de cadres militaires et civils ont été appréhendés par la Force publique, pour certains en détention depuis quatre mois dans des services de la surveillance du territoire qui sont devenus des maisons d'arrêt pour les détenus politiques.
Il est certes vrai que le colonel Nzaou Cosmas a décrié en 2009 dans le journal Talassa, les mauvaises pratiques du pouvoir, notamment dans les affaires de la royauté de Loango, la division et l'exécution des fils et filles du Kouilou, entretenue par l'entourage de la première Dame congolaise, ainsi que sur les dividendes des recettes pétrolières pour l'aménagement de la ville de Pointe-Noire et du département du Kouilou, cependant, il sied de dire haut et fort, selon nos investigations menées au Cabinda et à Pointe-Noire tout récemment, il ressort que Mme Antoinette Sassou n'est pour rien dans cette incarcération.
Des boucs émissaires pour justifier le complot
De l'avis de certains analystes politiques et stratèges militaires, cette attaque armée pouvait être commanditée par les forces politiques angolaises hostiles au régime de Luanda qui n'a pu organiser les élections présidentielles depuis 2002, ainsi que par d'autres forces dissidentes aux côtés des alliés des Flec pour faire monter la tension et la pression au sein de la communauté internationale, afin de se pencher progressivement sur la situation de la souveraineté de l'Enclave du Cabinda et l'organisation imminente des élections libres et transparentes en Angola.
En définitive, posons-nous la question de savoir, pourquoi, depuis la mort de Jonas Mulhero Savimbi, en février 2001, des élections libres, démocratiques et transparentes n'ont jamais été organisées en Angola ?
Comme quoi, l'affaire du Cabinda pourrait bien cacher d'autres pistes qui échapperaient encore à la mémoire collective.
Prélude d'y revenir sur cette arrestation arbitraire, la question que Talassa se pose est celle de savoir, comment et pourquoi peut-on détenir une personne à la DDST pendant des mois alors que la loi n'autorise que 72 heures de garde-à-vue.
Ghys Fortune DOMBE BEMBA







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